Historique du 6 RMAT

CREATION DU 6ème RMAT :

1) NAISSANCE DU REGIMENT
Le 6ème Régiment du Matériel a été créé officiellement le 1er juillet 1985. En effet le 18 septembre, à Oberkirch, siège du commandement et direction du matériel du IIème corps d’armée et des forces françaises stationnées en Allemagne, le chef d’état major de l’armée de terre, remettait l’étendard à son premier chef de corps.
L’intégration d’unités du Matériel dans un régiment marque la volonté de regrouper au sein d’un tout cohérent tous les éléments de soutien organique d’un corps d’armée.. En opérations, le régiment constituait, avec le 2ème Régiment du Matériel de Freiburg, un maillon essentiel de la chaîne maintien en condition au sein de la 2ème Brigade Logistique.
Le rassemblement des quatre groupements : le 202ème groupement de réparation du Matériel de corps d’armée, le 52ème groupement de réparation du Matériel, la 608ème compagnie d’approvisionnement et de rechanges du Matériel ainsi que le 753ème groupement Munitions sous un insigne d’unité unique ne se passe pas sans difficultés.
Schéma organisationnel en 1985
Photo du château de Rastatt

Les manoeuvres et les exercices logistiques ont facilité l’acquisition des savoir-faire opérationnels et permis au régiment de trouver rapidement sa place au sein du IIème CA.

Des activités de cohésion et la localisation à Rastatt de la majorité des éléments du régiment ont cependant permis de développer rapidement un esprit de corps notamment au travers de jumelages avec le 210ème Bataillon allemand du Matériel et la ville de Soultz-sous-forêt et de manifestations de Tradition.
Le 6ème Régiment du Matériel faisait partie à sa création des éléments organiques du IIème CA. A l’époque, l’Instandsetzungsbataillon 210 était lui aussi élément organique du II Korps d’Ulm. Formations de la maintenance, c’est tout naturellement que ces deux unités se sont jumelées le 17 juin 1987. Dans le cadre de ce jumelage, elles ont poursuivi les échanges de personnel en garnison comme en manoeuvres, parfois avec des équipements organiques.
Les efforts communs de ces deux formations pour développer l’interopérabilité sont reconnus et leurs unités élémentaires ont été souvent lauréates du challenge de l’Amitié franco-allemande.
Deux pôles servent d’ancrage à cette cohésion naissante : l’insigne et la Devise du Régiment.
La création de l’insigne est antérieure à la naissance du 6ème RMAT puisqu’elle est le fruit d’un concours organisé en janvier 1985 par le COMMAT de la 5ème DB au sein des quatre groupements.
Le vainqueur fut un soldat de la deuxième section du 202ème GRMCA de Spire avec le dessin de l’insigne actuel dont la définition héraldique est la suivante : " Ecu suisse, choisi pour raisons esthétiques, gris plomb et azur séparé en son milieu par un fer de lance blanc rappelant l’appartenance au IIème CA et traversé par l’épée haute en pal d’argent à la poignée et à la garde d’or. Au centre les armes du Matériel marquant l’appartenance à cette arme. En abîme, un écusson de gueules (symbolisant l’action au combat) portant le numéro du régiment (6 de sable) sur les armoiries de la ville de Rastatt (échelle de vigne) ".
Quant au choix de la devise " Seu pacem seu bella gero " - signifiant je sers dans la paix aussi bien que dans les guerres- , il est le fait du premier Officier Supérieur Adjoint du régiment, à l’imitation de celle des Gendarmes et Chevaux-légers de Lorraine.

2) HISTORIQUE DU QUARTIER JOFFRE
De par sa filiation le 6ème RMAT s’identifie à la ville de Rastatt et plus particulièrement au Quartier Joffre, siège de sa portion centrale.
L’histoire de cette caserne remonte à la construction au milieu du 19ème siècle de la forteresse de la ville dictée par la nécessité pour la Confédération allemande de se protéger contre un retour des troupes françaises.
Financées par les réparations de guerre dues par la France à la suite des campagnes napoléoniennes, les travaux durèrent jusqu’au début des années 1860. Sur l’emplacement de l’actuel Quartier Joffre est construit le Bastion 30 servant de point d’appui central au rempart supérieur reliant la forteresse " Ludwig " à la forteresse " Léopold ".
Achevé en 1848 par le lieutenant Guillaume le Bean, ce bâtiment devient célèbre à cette date en servant de prison aux meneurs des insurrections tels Hecker et Struve. Après la période révolutionnaire, le Quartier sert de cantonnement à l’artillerie badoise, d’où la construction entre 1860 et 1865 des écuries et du manège existants encore actuellement.
En 1872, après la guerre contre la France, la caserne est occupée par le 30ème Régiment d’Artillerie.
La montée en puissance de cette formation au début du 20ème siècle à la suite de l’accroissement des tensions internationales nécessite un agrandissement du Quartier d’où la construction entre 1912 et 1914 du bâtiment d’état-major avec l’horloge fabriquée par la manufacture de Benedikt Schneider et du bâtiment des communs (actuel ordinaire).
Cette caserne servira d’hôpital de guerre pour prisonniers français pendant la première guerre mondiale.
La dernière transformation architecturale a lieu en 1936 afin de rendre le site apte à recevoir le 35ème Régiment d’Artillerie. A cet effet les derniers vestiges du Bastion 30 sont démolis pour construire à la place trois bâtiments modernes où se trouvent actuellement les 5ème et 8ème compagnies ainsi que la CCL.
De même le mess Officiers de l’époque est aménagé et reçoit les faïences actuellement exposées au régiment (originaires de l’atelier Gustav Heinkel de Karlsruhe).
Ainsi, tant par son histoire que par son occupation actuelle, le Quartier Joffre est lié au passé de notre Armée.

3) LE REGIMENT DE NOS JOURS

Après une période d’adaptation, le 6ème RMAT a du faire face aux difficultés nées de la nouvelle donne mondiale de cette fin de siècle.

Tout d’abord la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide provoquent une restructuration des FFA. Le 6ème RMAT absorbe alors, entre 1991 et 1993, des éléments des 1ère, 3ème et 5ème BMDB à la dissolution des 2ème Insigne 2° RMATet 7ème RMATInsigne 7° RMAT.
Il comprend 9 compagnies et 2 détachements organisés en bataillons. Une perspective nouvelle s’ouvre au régiment, avec la mise sur pied du Corps Européen et son intégration au sein de la Ière DB, le 01 août 1994.
Dans ce cadre le 6èmeRMAT, restructuré depuis août 1993 en deux bataillons activés en temps de guerre, est chargé de la maintenance de la composante française du Corps Européen.
De même, le renforcement du format de la Division, l’accroissement de la technicité de ses matériels et la dualité au sein de la manoeuvre des concepts de soutien rapproché et de stabilité ouvrent un nouvel horizon du régiment, à savoir l’indivisionnement.
Le 6èmeRMAT, devenu seule formation de l’Arme outre-Rhin et élément de soutien de la 1ère DB, renoue avec le patrimoine du IIème Groupement d’Escadrons de Réparation de Division Blindée dans un nouveau contexte de coopération européenne pour la Défense.
La structure bataillonnaire est supprimée en 1996, dans la perspective de la dissolution de trois de ces unités à l’été 1997.
Schéma organisationnel en 1996
D’autre part la ressource humaine a subi les fluctuations d’un sous-encadrement chronique par les départs en interventions extérieures (Golfe et Yougoslavie ...).

4) LA PARTICIPATION A LA RESOLUTION DES CRISES

Depuis sa création en 1985 le 6èmeRMAT a participé à la majorité des opérations extérieures de l’armée de terre : FINUL, MANTA, EPERVIER, guerre du Golfe, IFOR, SFOR mais aussi en fournissant des observateurs pour l’O.N.U. Il fournit également des équipes dans le cadre de VIGIPIRATE.
Cette participation a été très variable, en fonction des besoins, allant de quelques spécialistes- officiers d’état-major, mécaniciens, linguistes ou approvisionneurs, à des détachements constitués.
Ainsi le régiment était en mesure de fournir un module 100 pour une opération extérieure et a démontré cette capacité en 1997 en mettant sur pied la CIMAT qui a participé à la 3ème relève de la SFOR
Le mandat de la SFOR ayant été prolongé, un détachement de soutien, le MAT SOUT FRANCE, a été constitué et implanté à Rajlovac pour assurer le maintien en condition d’une partie des forces De juillet à décembre 1998, le régiment fournit ce détachement fort de 37 cadres et militaires du rang.
Le détachement assurait le soutien des matériels au niveau technique d’intervention n°2 du bataillon français et de tous les détachements français stationnés dans la région.
Ce parc de matériels utilisés intensivement par les unités se composait de 2000 matériels divers et de plus de 700 véhicules et blindés. Très hétéroclite, il faisait appel à tous les domaines de compétence du Matériel, des transmissions à l’hydraulique sans oublier les munitions.

Le retrait des FFA et la décision de professionnalisation de l’Armée de Terre provoqueront sa dissolution sur le sol allemand et sa recréation en métropole au 01 juillet 1999.